lundi 29 octobre 2012

Théâtre wallon Braine-Le-Château




A S' crienn' Septembre-octobre 2012

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dimanche 28 octobre 2012

Au Toussaint les moûrts sonsst' al fièsse


Les moûrts

Chanson, air : Le Pendu.

                                                           1
Au Toussaint les moûrts sonsst´ al fièsse :
Les vivants vnont dsu pèstèler ;
Wit´ djoûs dvant ’l cémintière s’aprèsse
Èy’ on couminche à sarkèler.
On scur´ les cwès come pou ’ne ducasse,
On fét rlûre les grossès lètes d’oûr ;
Çu qu’èl vijin fét, on l’surpasse :      
C’est dinsi qu’on sondje à les moûrts.

                                                           2
In vèf avè toute ès famîye
Apoûrte ène vréye kèrtche dè baudèt :
C’est des courones pou ’s compagnîye
Qu’a s’indalé vlà près d’chî mwès.
Pa bouneûr pou ’l poûve ome qui chale,
Èl courone qui pèse èl pus foûrt
Ès deuzième feume èl poûrte à spale :
C’est dinsi qu’on sondje à les moûrts.

                                                           3
Èl sapin crèche dins ’l cémintière,
Nût èt djoû tant qu’ène anéye dur´ ;
Èl ronfeuy´s’èstind dsu les pières,
Qu’on aclape al fin conte in mur´.
Les potéyes dè blanches Sinte Catrine
Dèmeuront djusse twès djoûs dèwoûrs ;
On l’z èrpoûrte après dins ’l cûjine :
C’est dinsi qu’on sondje à les moûrts.

                                                            4
Les clokes dèl vile sounont les transes ;
C’est des grossès lârmes qui tchèyont
Dè tous les clokîs pou ’l souvnance
Des doûrmaus qu’èles nè rinvèyont.
Adon les souneûs fzont ’ne toûrnéye,
Pou briber ’ne dringuèye chake à toûr ;
Il ont ’ne prone au bout dèl djoûrnéye :
C’est dinsi qu’on sondje à les moûrts.

                                                           5
I d’a d’djà branmin d’èm famîye,
Branmin d’mes coumarâdes ètou,
Qui s’èrpoûsont là, bin trankîye,
Fî long stindus, dèskèrtchîs d’tout.
Quand d’vas les vîr, c’est nin pou brére,
Co mwinss pou les plinde dè leû soûrt ;
Djè l’zè cwès kite dè leûs miséres :
C’est dinsi qu’on sondje à les moûrts.


                                                  Georges Willame

mardi 23 octobre 2012

El' millième cabaret d' no Compagnie !

Vous ne voyez pas cette image ?  Ajoutez webmaster@cabaretwallon.be à votre carnet d'adresse !
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Bonjour mes gins,

Béteôt l' millième !  Vous s' rindez queompte ? El' millième cabaret d' no Compagnie ! Bin seûr qu'i n' vous feaut pos rater cha !

Cha va s' passer à l' maseon de l' culture les 27 et 8 octope et les 2, 3 et 4 novimpe. A 20h les sam'dis et l' verdi, à 16h les diminches.
Si vous voulez réserver vos plaches à l'avanche (ch'est conseillé), i vous feaut v'nir à l' maseon de l' culture sam'di 13 et 20 octope inter 10h00 et 13h00, ou bin téléphoner (069/59.01.39) à partir du 15 octope du lundi au verdi inter 19h00 et 21h00.

On vous in dira puque su l' spectaque dins eine prochaine bafoulle.

A l'orvoyure !


Vos amisses du Cabaret
www.cabaretwallon.be

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Fabulisses walons : introducsion


Pourmènâde avè les fabulisses walons
   
ill. Ben Genaux
La langue wallonne est riche et cette richesse est multiple : celle de son histoire, de son étymologie ; celle de ses différences régionales, celle de ses chantres et de ses défenseurs ; celles de ses sonorités, de ses vocabulaires, peut-être les plus remarquables.
Je   vous proposerai dans les mois à venir une découverte par petites touches, d’un des thèmes cher aux écrivains wallons : les fables.
ill. Ben Genaux
Dans chaque région de Wallonie ce vocable s’exprime de manière différente :
Les fauves en Brabant wallon, les fôves ou les faufes en Hainaut, les fåves à Verviers, les fauques à Frameries…  

Il ne s’agira pas ici d’un exposé didactique ni d’un travail exhaustif mais d’une présentation d’auteurs ayant marqué ce genre littéraire.  Des extraits choisis illustrent les nuances dialectales de chacun des textes.

Rappelons ce qu’est exactement une fable :
Une fable est un petit récit souvent teinté d’humour, le plus ordinairement en vers, d’où l’on peut tirer une certaine morale.

Jean de La Fontaine plaît visiblement au caractère wallon pour la saveur de sa langue, la netteté de son trait, le mordant de ses dialogues.  Les fabulistes wallons l’ont adapté et cela fournit une des matières les plus originales que révèle la poésie wallonne.
À une telle école certains de nos auteurs ont puisé l’idée de composer eux-mêmes des fables sur des thèmes originaux. Dans tout cœur de poète wallon sommeille un fabuliste.
La fable chez nous est parfois franchement gaillarde mais son incroyable ironie sauve bien des choses. C’est d’ailleurs une des formes les plus intéressantes de la satire wallonne.
Pour chaque fabuliste, une liste de ses ouvrages appartenant au fonds dialectal sera précisée.
À la fin de cette petite étude, les documents et sites consultés seront répertoriés.
Bonne lecture et n’hésitez pas à faire des commentaires ou des précisions…

mardi 16 octobre 2012

Le wallon et l'enfant

        cliquer sur l'image ci-dessus pour voir en plus grand !

Vieux Nivelles 

J’adore mon vieux Nivelles, son clocher, sa Dodaine,
Ses maisons du passé qui ont leurs murs moisis
Avec leur pignon gris et des portes en bois de chêne
Que la plus forte des haches ne pourrait déchausser.

Souvent, quand il fait beau, près d’un ruisseau qui traîne
Au milieu d’un bosquet, je vais volontiers rêver.
Je suis attaché à ma ville comme par la plus grosse des chaînes
Nivelles c’est toute ma vie, à elle je me sens attaché.

Vous me demandez pourquoi ? Je ne pourrais vous répondre,
J’aime mon Nivelles parce que je suis un Aclot
Et que c’est là que j’ai fait mes premiers pas quand je n’étais qu’un gamin.

Et encore bien même je serais de l’autre côté du monde,
Quand devenu vieux, je me sentirai mourir,
À toute vitesse pour Nivelles, vous me verrez accourir !
                                                            
                                               Willy Chaufoureau, 1950


Willy Chaufoureau, auteur nivellois né en 1925 fut un grand défenseur du parler aclot qu’il enseignait avec rigueur.  Il était le chef de file du mouvement dialectal à Nivelles et ses poésies illustrent bien son attachement à sa ville.

                
Petit glossaire :
clokî : clocher
mézo : maison
tchamoussi : moisi
uch : porte
bo : bois
tchin.ne : chêne
apiète : hache
dèstchaussî : déchausser
richo : ruisseau
mitan : milieu
voltî : volontiers
spèsse : épaisse, grosse
tchin.ne : chaîne
djè vwès voltî : j’aime
gavio : gamin
stala : vieux

Une classe de troisième primaire nivelloise a eu l'occasion de se familiariser avec le wallon à travers ce poème (récité par Mr Chapelle et enregistré sur CD).
Cela s'est passé à la Bibliothèque centrale du Brabant wallon à l'Espace 81.