mardi 11 juin 2013

Pourmènade avé les fabulisses walons : Gustave Glesner

Gustave Glesner

Gustave Glesner est né à Verviers le 11 novembre 1871.
Il fut notaire et échevin de la commune de Heusy.  Il a beaucoup écrti mais n’a donné aucune de ses œuvres aux journaux et revues.  Il les réservait à quelques amis.  Son bagage littéraire est varié.
Un de ses amis, François Remacle (Président de la Fédération dramatique verviétoise) préface l’ ouvrage Fôves du Lafontaine ès wallon publié par Glesner en 1907 de cette manière :

 « Il vient de faire une adaptation, dans notre langage de terroir, de la plupart des meilleures fables de Lafontaine…  L’auteur nous présente ses personnages avec un réel talent d’assimilation, et à l’instar du bon Lafontaine, il arrive à la pointe finale, soit par une repartie spirituelle, soit par des réflexions philosophiques, d’où se dégage toujours une morale excellente. »
 
ill. extraite de l'ouvrage :
 Saqwans respleus ès quéq. rovions
     
                                             
Lu Rat d’veie ès m’Rat del   campagne            

On jou on rat del grand’veie
Es s’mohonne aveut houqui,
Po diner, beure li boteie,
Del campagne on vil ami.

S’one belle nappe brosdeie du soïe
On cherva les potiquets ;
Es volà plôkis ès l’joïe
Les deux camarôdes des chets.

Lu trikfass fout fwèr jôyeuse,
I n’manquéf rin ô diner ;
Mais volà ! one mohonteuse
Intra, ès sin m’dumander.

A l’vol, lu rat d’veie su sôve,
Es s’trô, i court su r’ployi ;
Lu campagnard qwitte lu tôve,
Tot comme l’aute i s’va cachi.

O bout d’one minute ès dmeie,
I n’ètindit pu nou bru ;
Es ruvni, ô pu z’abeie,
Magni çou qu’aveut à cru.                                                                      
-Vos savez, dèt l’arta d’Ordènne                                      
O rat d’veie estoumaqué :
J’en a èssez del couhenne
Qu’on z’aval à s’sutrôler.                                                                     
ill. Gustave Doré


Dumin, vinez ès m’campagne,
V’n’ôrez nin rosti-bouli ;
Mais v’n’ôrez nin tot l’timp sagne
D’aveur lu cwèrp supranchi !


(Extrait p. 25)

                             

Le rat des villes et le rat des champs   
                                       
Autrefois le Rat de ville
 Invita le Rat des champs,
D'une façon fort civile,                                         
A des reliefs d'ortolans.

Sur un tapis de Turquie
Le couvert se trouva mis :
Je laisse à penser la vie
Que firent ces deux amis.

Le régal fut fort honnête,
Rien ne manquait au festin ;
Mais quelqu'un troubla la fête,
Pendant qu'ils étaient en train.

A la porte de la salle
Ils entendirent du bruit ;
Le Rat de ville détale,
Son camarade le suit.

Le bruit cesse, on se retire :
Rats en campagne aussitôt ;
Et le Citadin de dire :
Achevons tout notre rôt.

C'est assez, dit le Rustique ;
Demain vous viendrez chez moi.
Ce n'est pas que je me pique
De tous vos festins de roi ;

Mais rien ne vient m'interrompre ;
Je mange tout à loisir.
Adieu donc ; fi du plaisir
Que la crainte peut corrompre !

(Version de Lafontaine)





Ouvrage cité :

-Fôves du Lafontaine ès wallon.
 Verviers : A. Remacle impr., 1907      
 Cote de rangement : 8-1=401
                                    

Autres ouvrages de l’auteur :

-Proverbes, riottes, parales ès rapwètroules du nos pères wallons.
 Verviers : H. Dexhorez-Pagnoul impr., 1907
 Remarque : pourrait servir de complément au dictionnaire des spots de Jos. Dujardin
 Cote de rangement : 8-84=401

-Saqwans respleus ès quéq’rovions
 Verviers : H. Dexhorez-Pagnoul impr., [S.d]
 Cote de rangement : 784.4(493.6)=401

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